Emmanuelle Castellan

22/09/2012 – 17/11/2012

Emmanuelle Castellan a été invitée à réaliser un ensemble de nouvelles toiles, toutes datées de 2012, qui se déploient dans l’espace par des jeux de perspective, en dialogue avec des “peintures-écrans” qu’elle a conçues directement sur les murs et colonnes de La Galerie.

Emmanuelle Castellan puise son inspiration dans un répertoire d’images existantes (cartes postales, magazines, photographies anciennes, illustrations trouvées sur Internet…), la plupart issues de la culture populaire. À partir d’un visuel – qu’elle se gardera de nous dévoiler – elle en soustrait un sujet, partiellement ou en entier, pour n’en conserver sur la toile que la trace, dans une abstraction élémentaire. Mais au lieu de procéder par simple réduction, c’est davantage dans un équilibre entre disparition et excès que le sujet re-surgit. À force d’ajouter, d’effacer et de recommencer tel trait, aplat ou matière, le tableau se fait répétition d’une même image que nous ne connaîtrons jamais, si éloignée du réel et pourtant répétée x fois. Dans cette succession de repentirs non révélés, le sujet, ou plutôt ce qu’il en reste, apparaît finalement à la manière d’un revenant.

Derrière la douceur des tons pastel et l’évanescence des sfumatos, derrière la mélodie enfantine d’une ballade censée conduire l’exposition, la peinture d’Emmanuelle Castellan est en fait remplie d’histoires de fantômes. Tout d’abord, à travers les figures du jeu de cartes, du tour de magie et du masque, les phénomènes d’apparition hantent littéralement son œuvre. Ensuite, il faudra interroger l’artiste sur ses sources, apparemment anecdotiques, pour s’apercevoir d’une récurrence d’images liées à la mort depuis l’Antiquité (plusieurs momies égyptiennes, des gisants, des tombes romaines) jusqu’au cinéma d’épouvante (personnage d’un film de Dario Argento ou encore scène du film Evil Dead).

Quant aux surfaces peintes, certaines comportent des marques menaçantes d’animaux sauvages (griffes, sur arrière-plan de fouille archéologique) ou d’oiseaux qui déchirent la toile (as I was going along). D’autres, percées de trous ou gravées d’inscriptions, paraissent quant à elles renvoyer à des rituels animistes ou chamaniques, lieux de rencontre du monde des morts et des vivants. C’est le cas de figure anthracite, un portrait de femme dont la chevelure se mêle à une fourrure animale et où des signes dans la partie droite évoquent des graphies élémentaires qui auraient été gravées dans le bois. Plus troublant encore, dans communauté perdue, portrait fantôme d’Indiens d’Amérique du Nord, l’artiste a transpercé la toile de trous et y a accroché un ruban qui pend jusqu’au sol, comme pour créer un lien avec le monde souterrain. Au-delà de l’intérêt anthropologique qu’il porte à l’Antiquité, aux rites anciens et civilisations dites primitives, le travail d’Emmanuelle Castellan s’affirme ici comme autant de façons d’excaver une histoire enfouie.

 

Marianne Lanavère

Autour de l’exposition

  • 06/10/2012

    • de 18h à 21h : “Avant la nuit, une promenade artistique”
    Rencontre avec Lamarche & Ovize, artistes en
    résidence, dans leur atelier.

    Dans le cadre de Nuit Blanche 2012

  • 26/10/2012

    • 19h30 : Performance dansée par Dominique Brun, chorégraphe.

    En partenariat avec le Théâtre des Bergeries de Noisy-le-Sec

  • 17/11/2012

    • De 17h à 18h : “Visite à deux voix”
    avec Emmanuelle Castellan et J. Emil Sennewald, critique d’art

     

  • 17/11/2012

    • De 14h à 19h : Parcours Est #11, parcours d’expositions à l’Est de Paris en navette gratuite
    “Plus ou moins sorcière 3/3 ” (Maison Populaire, Montreuil), Rachel Labastie et Nicolas Delprat (Les Salaisons, Romainville),
    “Visite à deux voix” avec Emmanuelle Castellan et Jens Emil Sennewald, La Galerie (Noisy-le-Sec)