“Aias”, Myriam Lefkowitz

16/12/17 | 16h00 - 19h00

 
Avec les danseurs·ses : Héléna de Laurens, Jean Philippe Derail, Charlotte Imbault, Catalina Insignares, Myriam Lefkowitz, Anne Lenglet, Thierry Grapotte, Florian Richaud, Lina Schlageter, Yasmine Youcef.

En 1911, Raymond Duncan, danseur et philosophe d’origine américaine, frère d’Isadora Duncan, fonde avec sa femme la danseuse grecque Pénélope Sikelianou, l’Akademia, une école de danse située rue de Seine à Paris.

En 1922, Duncan dirige l’école avec sa seconde femme, Aia Bertrand. La danseuse d’origine lettone dirigera l’Akademia seule à la mort de son mari en 1966 jusqu’en 1977. Portée par le projet de “vivre une existence dansante”, l’école était un lieu d’apprentissage, de créativité et “d’innovation” dans tous les domaines de l’art et de l’artisanat. L’enseignement était inspiré à la fois par la philosophie holiste de Duncan et par les cultures traditionnelles grecque de Sikelianou et lettone d’Aia Bertrand. L’histoire retient le nom de “l’Akademia Raymond Duncan” et perd de façon banale les deux femmes dans ses vieux drapés alors même qu’elles faisaient de la danse un art de vivre, qu’elles construisaient dans leur enseignement des liens entre la figure du danseur et celle de l’artisan et portaient par-là quelque chose de l’esprit du Bauhaus des origines.
Devant le manque d’informations et de traces tangibles de cet enseignement, Myriam Lefkowitz cherche à entrer en contact avec les figures fantomatiques d’Aia Bertrand et de l’Akademia par l’intermédiaire de guides qui s’en feraient les hôtes. Elle mène alors une série de séances individuelles dans une forme proche de l’hypnose où elle fait appel à une activité imaginante portée par la tentative d’incorporer une des vies possible d’Aia et de l’Akademia.
Ces perceptions, sensations, mémoires, images, pensées, gestes recueillis lors des séances deviennent ainsi les vecteurs, les supports et les archives d’une histoire orale, affective, informelle, elliptique autour d’une revenante invitée à hanter le centre d’art.

Le 16 décembre, Myriam Lefkovitz invite douze danseur.se.s à négocier une traduction dansée d’une série d’énoncés extraits de ces séances. Telle une carte mentale collective en transformation continue, la danse qui apparaîtra ce jour là à La Galerie, sera la forme prise par Aia et l’Akadémia et fera passer son nom au pluriel : Aias.

Ce projet reçoit le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Ile-de-France – Ministère de la culture dans le cadre du soutien aux résidences chorégraphiques.