Projection et rencontre : “Ya Rayi” (2017) de Katia Kameli

10/11/18 | 18h00 - 20h00

Ya Rayi est une réflexion sur l’évolution du raï, musique populaire algérienne. En arabe, raï signifie « opinion ». Les artistes y expriment les conditions de vie difficiles et les tabous auxquels les Algériens doivent se plier. Le raï est le reflet de la culture algérienne par sa créolité musicale et textuelle. C’est une musique underground qui a modifié et mixé les codes de différents répertoires existants pour sortir des schémas établis et rendre audible ce qui socialement se murmure. Il est un substitut à l’absence d’échanges entre hommes et femmes, entre jeune et ancienne génération dans un espace muselé par la morale. Aborder la question du raï d’hier et d’aujourd’hui, c’est proposer une réflexion sur ce qui se joue culturellement et socialement en Algérie mais aussi dans la société musulmane contemporaine.
Le personnage principal de Ya Rayi est un jeune homme, il tient le mur et semble figé dans la nostalgie. Son walkman rejoue en boucle des chansons de raï enregistrées sur K7. Il déambule, s’arrête à Oran devant la vitrine du magasin Disco Maghreb, producteur historique de la première génération de cheb et cheba et finit sa nuit dans un cabaret du coin. À Paris, il flâne dans le quartier de Barbès, haut lieu de la culture raï des années 1990. Les visages évanescents des stars d’autrefois Chab Hasni et Cheikha Rimitti qui se superposent à celle des vieux bâtiments évoquent une autre temporalité. Pourtant, les K7 de raï restent un objet de désir. Elles sont vendues et collectionnées dans de rares magasins connus des habitués. Ici, le raï est un fantôme, un souvenir nostalgique, mais la flamme est encore là : il suffit de rembobiner la cassette et d’appuyer sur
“ play ”pour relancer l’ambiance.

 

Rencontre avec l’artiste Katia Kameli

 

“Ya Rayi”, 2017
18mn 50s Video HD
Commissioned by Institut des Cultures d’Islam

 

Dans le cadre du Festival du film franco-arabe de Noisy-le-Sec