Travess Smalley

LandscapeScript (working title), 2021

Image numérique, 5100 × 6600 px
Courtesy de l’artiste

Des champs de fraises pour l’éternité

Linus Bill + Adrien Horni, Ann Craven, Alex Frost, Sebastian Jefford, Bernard Jeufroy, Sister Corita Kent, Pentti Monkkonen, Travess Smalley, Sue Tompkins, Sarah Tritz

22 janv. — 2 avr. 2022

  • Commissariat:Marc Bembekoff et It’s Our Playground (Camille Le Houezec & Jocelyn Villemont)
  • Vernissage:21 janv. 2022

Ce projet intitulé « Des champs de fraises pour l’éternité » a vu le jour en janvier 2020, avant le début de la pandémie qui touche depuis plus d’un an le monde entier. Initialement prévue pour 2021, l’exposition aura finalement lieu en janvier 2022 et ne pourra faire abstraction du contexte actuel. Ce report fait donc de « Des champs de fraises pour l’éternité » une exposition en retard sur son temps, un retard qui lui permet en revanche d’intégrer visuellement et conceptuellement les conséquences d’une période que beaucoup auront vécu entre parenthèses.

 

En se penchant de nouveau sur le projet en janvier 2021, nous avons pris conscience que cette exposition se retrouverait incluse dans une longue lignée des expositions « post-COVID » et qu’il s’agissait à la fois d’un risque et d’une chance. Un risque de tomber dans une forme de répétition d’expositions procédant de cette même mécanique du second souffle, de la respiration, du calme après la tempête. Une chance, celle de proposer un regard particulier sur une création artistique en quête de vivacité et de magie face à une réalité ayant agi comme un fort révélateur émotionnel.

 

Cette exposition propose un espace de repli face aux crises économique, écologique, politique et sociale que nous traversons. Ici, ce retrait prend la forme d’une évasion mentale qui, une fois effectuée, permet d’appréhender le réel sous de nouveaux angles. Si la fin du XIXe siècle est historiquement et structurellement marquée par le progrès croissant des industries, une certaine partie des courants artistiques de cette époque est quant à elle imprégnée d’un obscurantisme et d’un ésotérisme marqués (le mouvement nabi, le symbolisme, etc.).

 

Les crises dont il était question initialement étaient plus structurelles que pandémiques mais étaient déjà bien installées, infiltrées partout dans la société, notre économie, les institutions, le spectacle, les écoles, les milieux politiques, écologiques et économiques. Au sortir de cette épidémie, les abris de fortune n’ont pas disparu, les situations critiques ne le sont pas moins et la précarité ambiante a profité de ces nombreux mois pour rénover sa chambre au creux de nos sociétés.

 

Le titre de cette exposition fait bien évidemment référence à la chanson des Beatles, Strawberry Fields Forever, enregistrée en 1967. Parti du thème de la nostalgie et de l’enfance – Strawberry Field était un orphelinat aux environs duquel il jouait étant enfant – John Lennon en fait une chanson introspective et abstraite sur sa vision personnelle du monde. Traduit en français, le titre de cette chanson semble davantage gagner en poésie, nous renvoyant à un univers totalement subjectif et halluciné.

 

La nostalgie de l’enfance dont il est question dans la chanson s’est retrouvée ces derniers temps chamboulée par des périodes sédentaires, domestiques, claustrophobiques, où l’autre et le monde n’étaient vus qu’à travers un écran. Ces situations ont profondément modifié notre rapport au confort, à la technologie, à l’éducation, à notre perception de la réalité. Les représentations de la nature nous ont réconforté·e·s durant ces semaines d’enfermement. En ce sens, elles ont eu un effet psychotrope sur chacun·e d’entre nous.

 

Cette exposition bénéficie du soutien de Fluxus Art Projects.

Programme culturel

Jeudi 10 février 2022, 19h (en ligne)

Visite virtuelle de l’exposition, suivie d’une conférence performée de Travess Smalley

En anglais

 

Samedi 12 mars 2022, 17h30

Table ronde avec les commissaires Marc Bembekoff et It’s Our Playground (Camille Le Houezec & Jocelyn Villemont) autour de la relation aux écrans

 

Jeudi 17 mars 2022, 18h30

Atelier de création numérique pour tou·te·s

Visite de l’exposition, suivie d’un atelier à la Médiathèque Roger-Gouhier

 

Samedi 2 avril 2022, de 16h à 19h

16h : Soldat Google, performance de Bernard Jeufroy

17h : Apéro-karaoké autour des fraises

Les Samedis créatifs (6 - 12 ans)

Chaque samedi, de 14h30 à 16h (en dehors des vacances scolaires)

Ateliers gratuits, inscription obligatoire

 

L’artiste intervenante Céline Drouin Laroche propose d’explorer plusieurs techniques plastiques en lien avec l’exposition.

 

En savoir + sur les Samedis créatifs

 

Réservez vos places ici

« Culture et art au collège »
  • Projet « Les profondeurs de l’écran »
  • Avec It’s Our Playground (Camille Le Houezec & Jocelyn Villemont)
  • Publics concernés : une classe de 5e du collège Jacques Prévert

 

Le projet « Les profondeurs de l’écran » s’inscrit dans la continuité des recherches du duo It’s Our Playground autour des outils de communication et de la dissémination des images sur internet. Camille Le Houezec et Jocelyn Villemont ont choisi de prendre comme point de départ un objet que tou·te·s les jeunes convoitent ou ont dans leur poche : le smartphone. Il·elle les initie également à la pratique de la sculpture afin de valoriser leurs savoir-faire. Les élèves produisent ainsi des objets en expérimentant différents mediums et en prenant tour à tour les postures d’artistes, de commissaires et de scénographes.

 

En savoir + sur les projets « Culture et Art au Collège »

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